vendredi 12 octobre 2012

Des mannequins sur-mesures

 
Mannequin en cours de transformation  dans les ateliers du Musée d'impression sur étoffes de Mulhouse

Toutes les couturières le savent : rien de mieux qu'un mannequin à ses mesures pour coudre. Il existe bien des mannequins adaptables dans le commerce, mais cela représente un certain budget. Et un mannequin couture sur-mesures, je ne vous raconte pas ! Cela fait donc des années que je couds sans mannequin. Et que je me tords devant la glace en essayant désespérément d'épingler correctement la pince du dos... 
Mais j'ai  la chance de vivre avec un garçon merveilleux qui, connaissant mon problème de mannequin, s'est attelé à le résoudre : c'est ainsi que j'ai un jour retrouvé dans notre appartement pas moins de 6 mannequins ! La boutique de robes de mariées de notre quartier se débarrassait de ses vieux mannequins, il les a récupérés et j'ai hérité du lot. 
Comme je n'ai pas besoin d'autant de mannequins (et comme je ne vis pas dans un château ..) j'ai  réparti 3 de ces mannequins entre mes copines couturières les plus assidues aux ateliers que j'organise. Et je leur ai proposé de leur apprendre comment adapter exactement les mesures de leur mannequin à celles de leur corps.


J'ai pour cela utilisé une technique que j'avais apprise à l'école, et qui est pratiquée pour préparer les mannequins avant d'y mettre les costumes anciens pour une exposition. 
La première étape est de comparer les mesures du mannequin et du corps (ou du costume). Si le mannequin est trop large, on peut le tailler, à la scie, à la lime ou avec ce qui vous tombe sous la main. 

  

Puis l'habillage et le rembourrage commence. Avec de la ouate de polyester, les volumes du corps sont créés sur la structure rigide du mannequin. Les nappes de ouate sont fixées avec des grands points de chausson. Épaisseur après épaisseur, les hanches, le ventre, la poitrine, les épaules etc sont construits. Un élément important est la répartition du volume autour de l'axe du corps : pour un tour de hanches donné par exemple, selon les personnes le volume se situera plutôt sur les côtés ou au dos.

  

Il nous a fallu une grosse après-midi (avec une bonne pause thé-cookies, selon la tradition !) pour achever nos mannequins. Je félicite les participantes, et j'attends des photos de leurs prochaines créations portées par leur alter-ego de mousse !

  

6 commentaires:

Tinou a dit…

J'adore, je n'aurais jamais le courage de me lancer à faire ça sur mon mannequin mais j'adore...

Mathilde VDD a dit…

sympa de raboter les hanches...moins sympa de rembourrer les fesses :)

Anonyme a dit…

aaaah faut faire comme çaaaa

je crois que ce weekend pluvieux va être plus prolifique que prévu!
En fait tu coud les nappes de ouate une fois que tu as raboté la mousse et que tu a renfilé la "housse" en tissu?

Morgane

Mathilde a dit…

Pas mal du tout l'adaptation des mannequins. Et vous habiller le mannequin avec quoi pour faire tampon entre la ouate et le costume? Je parle de cas de mannequinage pour des expositions dans des musées.
Merci pour le renseignement

Maud a dit…

PFFF. I'm jalous. Bises. M

Ségolène a dit…

@Tinou : c'est pas si compliqué, et relativement long certes (une grosse 1/2 journée, voire une journée entière) mais ça en vaut la peine !
@Mathilde VDD : ça dépend du point de vue...
@Morgane : la ouate est posée avant la housse de jersey, et elle est cousue couche après couche avec un fil solide et un point de chausson.
@Mathilde : pour exposer des costumes, nous mettons en genéral une housse en jersey de coton sans apprêt. Et parfois, selon les choix de scénographie, nous habillons ce qui dépasse (cou, décolleté) avec un tissu de couleur. D'autre part, les robes sont presque systématiquement mannequinées avec un jupon cousu aux mesures.
@Maud : bin non, faut pas, je te montrerai quand tu rentreras !